L'amiante ne se voit pas à l'œil nu. Pourtant, certains indices permettent de suspecter sa présence dans un bâtiment, en particulier dans les constructions genevoises antérieures à 1991. Savoir repérer les matériaux à risque, c'est la première étape pour protéger votre santé et celle de vos proches avant d'entamer des travaux. Voici un tour d'horizon des zones et matériaux suspects à connaître.
Les 5 familles de matériaux les plus à risque
1. Les flocages et projections
Utilisés comme isolants thermiques et phoniques ou comme protection incendie, les flocages amiantés se présentent sous forme de revêtement fibreux, souvent gris ou blanc cassé, projeté sur les structures métalliques, les plafonds ou les murs. Très friables, ils libèrent facilement des fibres. On les trouve fréquemment dans les parkings souterrains des immeubles des Pâquis ou de Champel, ainsi que dans les faux plafonds des bâtiments administratifs construits dans les années 1960-1970 à Genève.
2. Le fibrociment (Eternit)
Reconnaissable à ses plaques ondulées grises, le fibrociment a été massivement utilisé pour les toitures, les bardages de façade et les jardinières. Des milliers de villas à Bernex, Confignon ou Plan-les-Ouates en sont encore couvertes. Le fibrociment contient généralement 10 à 15 % d'amiante chrysotile. En bon état, il est relativement stable. Mais lorsqu'il se dégrade — mousse, fissures, effritement — il devient dangereux.
3. Les dalles de sol et colles
Les dalles de sol thermoplastiques (souvent de format 30 × 30 cm) posées avant 1991 contiennent fréquemment de l'amiante. La colle bitumineuse utilisée pour les fixer en contient aussi très souvent. Ces dalles sont courantes dans les cuisines et salles de bains des appartements anciens à Carouge ou au Grand-Saconnex. Attention : le ponçage de ces dalles ou de la colle noire sous-jacente libère des quantités massives de fibres.
4. Les calorifugeages de tuyauterie
Dans les caves et locaux techniques des immeubles genevois, les canalisations de chauffage sont parfois entourées d'un calorifugeage amianté, reconnaissable à son aspect de plâtre ou de carton fibreux. Ce type d'amiante est particulièrement friable et dangereux. Les chaufferies des bâtiments scolaires et administratifs du canton, notamment dans le quartier de Sécheron ou à Lancy, sont des zones à haut risque.
5. Les enduits et faux plafonds
Les enduits projetés, les crépis intérieurs et les plaques de faux plafond type « Pical » contenaient souvent de l'amiante jusqu'en 1989. Ces éléments se retrouvent dans les couloirs et halls d'entrée des immeubles d'habitation, mais aussi dans les bureaux du centre-ville de Genève.
Les zones du bâtiment à inspecter en priorité
Pour un propriétaire à Vernier, Meyrin ou Onex, voici par où commencer une inspection visuelle avant de faire appel à un diagnostiqueur professionnel :
- Toiture et combles : plaques de fibrociment, ardoises artificielles, sous-toiture
- Façades : bardages en plaques planes de fibrociment, appuis de fenêtre
- Sols : dalles thermoplastiques (30×30 cm) et colle noire sous-jacente
- Murs intérieurs : enduits projetés, crépis décoratifs, panneaux sandwich
- Plafonds : flocages, faux plafonds, plaques de type Pical
- Canalisations : calorifugeages autour des tuyaux de chauffage, conduits en amiante-ciment
- Caves et garages : flocages sur structures métalliques, anciennes cloisons
Les types de bâtiments genevois particulièrement concernés
Certaines typologies architecturales du canton présentent une probabilité élevée de contenir de l'amiante :
- Immeubles de rapport 1950-1975 : dalles de sol, colles, calorifugeages, flocages dans les cages d'escalier du quartier des Eaux-Vives ou de Plainpalais
- Villas individuelles 1960-1985 : toitures fibrociment, conduits de cheminée, dalles de sol — très fréquent à Thônex, Chêne-Bourg et Veyrier
- Bâtiments industriels et commerciaux : toitures, bardages, calorifugeages — zones artisanales de la Praille, Meyrin-Satigny
- Écoles et bâtiments publics : flocages, faux plafonds, calorifugeages de chaufferie
Ces indices visuels ne remplacent en aucun cas un diagnostic professionnel. Seul un prélèvement analysé en laboratoire peut confirmer la présence d'amiante. L'Office fédéral de la santé publique rappelle d'ailleurs que les matériaux amiantés ne doivent jamais être poncés, percés ou démontés par des non-professionnels. Si vous suspectez des matériaux amiantés dans votre bien, ne les manipulez pas et contactez un spécialiste. Pour en savoir plus sur un cas très fréquent à Genève, lisez notre article dédié aux toitures en fibrociment.